- Marion REVOYRE -
Je parle un peu de moi
Artiste autodidacte, j'ai grandi en région bordelaise.
J'ai baigné très tôt dans un milieu culturel riche et varié et fait mes premiers pas dans un atelier de la maison de quartier, chez Jean-Marie. Un atelier qui m'a laissé une empreinte diffuse, celle de tous les possibles.
Usant de mon imagination sans failles je me créé petit à petit un monde de plus en plus teinté par mes expériences traumatiques, mon goût pour la politique et mon éclectisme culturel.
Attirée par la musique dans un premier temps, j'ai dessiné, cousu, chanté, photographié et c’est finalement le collage et la sculpture qui me permettent de m’exprimer pleinement.
Je ne me limite cependant pas à quelques médiums. Je me sers de ce qui fait sens au moment où c'est là. J'aime expérimenter, toucher, réfléchir, assembler. Mon art est complexe tout en étant très accessible.
Toujours soucieuse de correspondre à je ne sais quoi je me fustige de transporter un bagage de connaissances culturelles undergrounds et décalées jusqu’à ce que je comprenne qu’elles sont mon essence propre.
A propos de la violence
Sans être forcément spectaculaire, la violence est omniprésente dans mon travail. Je ne travaille pas sur elle directement mais sur ses cicatrices, sur la trace qu’elle laisse dans le corps, dans le système nerveux, dans les émotions. Je m’intéresse à ce fond diffus qui ne disparaît pas, à la manière dont le trauma façonne nos façons de penser, d’aimer et de percevoir le monde. Je ne cherche pas à représenter le trauma comme événement, mais comme état permanent : un désordre intérieur, une fragmentation active.
Le collage s’est imposé comme une évidence. Au-delà d’un choix esthétique, il est directement corrélé à l’expérience traumatique. Parce que le trauma fragmente. Parce que la mémoire se brise. Parce que l’identité se recompose par morceaux.
Le collage en est une allégorie directe. Je travaille avec des corps ouverts, des visages brisés, des organes visibles, non pas pour choquer, mais pour rendre perceptible ce qui reste habituellement invisible : le chaos neurologique, les dissociations, la perte de continuité. Le collage devient alors une écriture traumatique, une traduction visuelle de l’état intérieur.
Longtemps, j’ai vécu avec des souvenirs sans comprendre qu’ils étaient traumatiques. Le collage m’a accompagnée dans cette prise de conscience mais ne constitue pas à lui seul un processus de guérison. Mon travail artistique s’inscrit aux côtés d’un parcours thérapeutique, psychologique et corporel long. Il participe d’un mouvement de réappropriation du corps, du quotidien et de la vie.
La violence est présente, mais elle n’est jamais gratuite. Je ne cherche pas à l’esthétiser. Ce qui m’intéresse, c’est cette frontière instable entre rester vivant et cohabiter avec la mort. Il s’agit d’une violence de vérité.
Je ne cherche ni la catharsis ni la réparation. Je montre ce qui se passe à l’intérieur : ce que produit le trauma dans un corps, comment le monde s’inscrit dans la chair. Je ne propose pas de solution. Je ne documente pas le trauma. J’essaie de rendre sensible un état en mouvement, une manière d’être au monde après la fracture.
Mes images ne sont pas toujours immédiatement lisibles. Je veux qu’elles soient reçues avant d’être comprises, comme le trauma lui-même. On sait qu’il est là bien avant de pouvoir le nommer.
Ce travail parle de moi, mais il rejoint une expérience collective. Les violences traversent nos existences de façon tragiquement banale. En parlant de mon corps et de mon histoire, je parle aussi du monde. Le collage me permet de préserver mon intégrité. Il est une tentative de rester humaine dans un monde qui normalise la violence. Je refuse le déni, la négation et le silence. Ce que je fais est avant tout un travail nécessaire. Un processus en cours. J’ai fait la paix avec le fait qu’il ne s’adresse pas à tout le monde.
Celles et ceux qui traversent des expériences similaires s’y reconnaîtront.
Cela me suffit.
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Un florilège des sons qui m'accompagnent pendant la création. A l'image des collages, ils sont éclectiques, ne font pas sens directement et surtout représentent toute l'étendue de mon univers. Tu veux me faire des suggestions ? Formulaire en fin de page !
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